Les dĂ©fis que s’imposent les grands amateurs de kayak sont Ă©poustouflants et exigent une grande prĂ©paration et une grande volontĂ©.

Le kayak est un outil fascinant, un bateau utilisĂ© par les habitants des rĂ©gions arctiques pour chasser, pĂŞcher et se dĂ©placer rapidement dans les eaux froides des pĂ´les. Aujourd’hui, le kayak est Ă©galement utilisĂ© dans des rĂ©gions beaucoup plus douces grâce Ă  sa forme enveloppante spĂ©ciale qui en fait un prolongement du corps, Ă  sa forme effilĂ©e et Ă©troite pour une meilleure maniabilitĂ© et il a la possibilitĂ© de revenir facilement en position mĂŞme s’il se renverse.

Bien que ce bateau soit très rĂ©pandu parmi les sportifs, il n’est pas rĂ©servĂ© aux professionnels. MĂŞme un amateur peut s’amuser Ă  naviguer sur une rivière qui n’est pas trop frĂ©quentĂ©e ou Ă  pagayer au bord de la mer pour profiter d’une chaude journĂ©e d’Ă©tĂ©. Alors ne soyez pas trop intimidĂ© par le bateau qui s’avère très amusant et capable de maintenir votre corps en forme.

Certains ont rĂ©alisĂ© des exploits extraordinaires Ă  bord d’un kayak et, dans le monde entier, de nombreux passionnĂ©s ont dĂ©cidĂ© de faire des traversĂ©es remarquables en ne comptant que sur la force de leur volontĂ© et de leurs propres bras.

Traversée de Hicks et Bullard

Holly Hicks, une aventurière qui dĂ©tient de nombreux records du monde et une athlète de haut niveau, a accompli des exploits autour du monde et a rĂ©alisĂ© deux documentaires sur ses voyages en mer. Avec George Bullard, un autre explorateur de renommĂ©e mondiale qui a parcouru plus de 2 000 kilomètres Ă  pied dans les zones polaires, il s’est lancĂ© dans une aventure remarquable : la traversĂ©e du Groenland Ă  l’Écosse en kayak.

Le projet est nĂ© de la volontĂ© de retracer les exploits des Inuits du nord de l’Écosse, en pagayant parmi les icebergs qui se dĂ©tachent au nord de la planète. Le point de dĂ©part Ă©tait la cĂ´te Est du Groenland, passant par l’Islande, les Ă®les FĂ©roĂ©, puis se dirigeant vers l’Écosse, en passant par l’Ă®le de North Rona et ensuite vers le point d’arrivĂ©e, Durness en Écosse.

Du Groenland Ă  l’Islande, le voyage a durĂ© environ 42 heures sans mauvaises surprises, mais les choses ont changĂ© lorsqu’ils se sont dirigĂ©s vers les Ă®les FĂ©roĂ©, oĂą les deux aventuriers ont Ă©tĂ© surpris par les tempĂŞtes et le mauvais temps. Le stress mental et physique a conduit les deux amateurs Ă  des hallucinations, forcĂ©s Ă  se jeter Ă  la mer avec des sources de nourriture limitĂ©es et leur seule arme Ă©tait l’instinct de survie. Avec beaucoup d’efforts, ils ont ensuite atteint les cĂ´tes Ă©cossaises, rĂ©alisant un exploit titanesque qui restera dans les mĂ©moires comme une vĂ©ritable aventure extrĂŞme.

De Palerme Ă  Rome

La traversĂ©e effectuĂ©e par un professeur d’Ă©conomie Ă  Palerme, Vincenzo Varia, est incroyable. Parti le 19 juillet 2016 de Palerme, il lui a fallu 30 jours de kayak pour atteindre Rome. La traversĂ©e a Ă©tĂ© menĂ©e par l’homme Ă  l’occasion du JubilĂ©, animĂ© par une profonde admiration pour le pape François. Cependant, il ne s’agissait pas d’une dĂ©cision prise sur un coup de tĂŞte mais d’une rĂ©flexion raisonnĂ©e.

Il a dĂ» choisir le meilleur kayak, s’entraĂ®ner tout en Ă©tant un rameur expĂ©rimentĂ© et prĂ©parer tout ce qui Ă©tait nĂ©cessaire Ă  la survie en mer comme les vĂŞtements, le sac de couchage, les Ă©quipements de sĂ©curitĂ© qui ont un poids considĂ©rable et qui ont un impact important sur la performance Ă  la rame. L’homme avoue qu’il a eu beaucoup de chance car il a rencontrĂ© des conditions mĂ©tĂ©orologiques favorables, un grand soulagement pour les aventuriers qui dĂ©cident de pagayer en pleine mer. Il a traversĂ© 1 000 kilomètres dans la mer, puis a remontĂ© le Tibre et atteint sa destination.

Du Japon Ă  l’Alaska

Ce voyage, Ă  juste titre, est considĂ©rĂ© comme l’un des plus passionnants du kayak de mer. L’expĂ©dition a Ă©tĂ© menĂ©e en 2000 par l’aventurier Jon Turk et est le rĂ©sultat de la dĂ©couverte de l’homme de Kennewick, un squelette trouvĂ© Ă  Washington aux États-Unis, d’apparence caucasienne. Cela a conduit les anthropologues Ă  penser qu’il est l’un des colons japonais de l’ère Jomon qui a pu accomplir l’exploit il y a 9 000 ans.

Pour prouver qu’un tel voyage Ă©tait possible, Jon Turk s’est lancĂ© dans cet incroyable pĂ©riple de 3 000 km depuis l’Ă®le japonaise d’Hokkaido en passant par les Ă®les Kurili jusqu’aux frontières orientales de la Russie et le dĂ©troit de BĂ©ring pour atteindre l’Alaska. Tout cela pendant cinq mois, avec des tempĂ©ratures descendant jusqu’Ă  -20° centigrades et des conditions mĂ©tĂ©orologiques terrifiantes avec des vents de 50 nĹ“uds. MalgrĂ© tous ces Ă©lĂ©ments difficiles, l’exploit a Ă©tĂ© rĂ©ussi et Jon Turk est maintenant considĂ©rĂ© comme l’un des plus grands aventuriers du monde.

La traversĂ©e de l’Atlantique

Bien que de nombreuses personnes ont tentĂ© une telle traversĂ©e, c’est la traversĂ©e de Hannes Lindeman qui a reçu le plus de soutien de la part de la communautĂ©. L’Allemand, en 1956, s’est embarquĂ© pour un voyage en mer de 72 jours, du 20 octobre au 30 dĂ©cembre de la mĂŞme annĂ©e, de Las Palmas aux Canaries Ă  Saint Martin, une Ă®le de la mer des CaraĂŻbes, en utilisant un kayak Klepper, le Liberia III. Durant son voyage, Lindemann se nourrissait de lait lyophilisĂ©, d’eau de pluie et de poisson qu’il pouvait attraper.

Il souffrait d’atrophie des jambes, d’infections dues Ă  l’alternance de conditions humides et sèches et de privation de sommeil, ce qui a fait du voyage un vĂ©ritable cauchemar. Dans ses rĂ©cits, il affirme que c’est surtout sa volontĂ© et un mantra qu’il rĂ©citait constamment : « Allez Ă  l’ouest, n’abandonnez pas. Je vais le faire » qui l’ont maintenu en vie. Sa dĂ©termination lui a permis de survivre et d’accomplir un exploit qui est devenu un vĂ©ritable jalon pour les dĂ©cennies Ă  venir.

Tour de l’Australie

RĂ©alisĂ© par Paul Caffyn en 1981, le tour de l’Australie n’Ă©tait pas la première aventure de l’homme qui avait dĂ©jĂ  fait le tour de l’Islande, du Japon et de la Nouvelle-ZĂ©lande, mais celle de tout le continent est entrĂ©e dans les annales pour une durĂ©e de 360 jours et 9 420 miles parcourus. Au dĂ©part de Queenscliff, près de Melbourne, Caffyn a dĂ» affronter les requins, les cyclones tropicaux, les crocodiles, les serpents de mer et les redoutables vagues australiennes.

Il a souvent dĂ» pagayer pendant 30 heures consĂ©cutives et il a affrontĂ© les quatre mois passĂ©s sur la cĂ´te nord du continent seul, sans soutien provenant de la terre ou de la mer. Contrairement Ă  d’autres entreprises, il a pu accoster dans certaines situations en raison de la longueur du voyage, mais il n’a jamais abandonnĂ© et a rĂ©ussi Ă  accomplir un grand exploit.

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